Texte Luc VEZIN

 

Les signes brûlés d’ Yves  Guérin

Auteur de pièces monumentales, notemment pour le cloître de la Chaise Dieu en Haute -Loire,Yves Guérin,(né en 1953) à participé en 1985 au symposium de Sculptures de Thiers avec entre autres: Trakas, Skoda, Oppenheim,Gérard et Raynaud)mais jusqu’ici son travail n’avait jamais été présenté à Paris.

Pour cette première exposition parisienne Yves Guérin a rassemblé un large ensemble de ses “signes brûlés”. De dimensions différentes,mais toujours à l’échelle humaine,elles évoquent des lignes ou des armes primitives. Pièces ambiguës de forges qui s’acharnent à denier leurs origine et l’affirment cependant. Dénégation du brûlé:de prime abord ces sculptures,enduites de calamine,présentent en effet,une surface qui à davantage l’aspect du bois brûlé que de l’acier;dénégation encore que ces signes fait d’un métal pesant et qui s’inscrivent dans l’espace avec légèreté,reposant parfois,dans un équilibre très stable sur la seule pointe d’une aiguille. Et pourtant,il s’agit bien d’un travail de forge.

Les” Signes Brûlés “ d’Yves Guérin affirment aussi leur origine et leur histoire .Ces formes martelées,tordues,replies font apparaître l’évidence de leur travail. En différents points on identifie encore la barre originelle,on peut même en reconstituer les métamorphoses;dans les sculptures finales,les accidents et les déchirures du métal restent perceptibles. Tout se passe comme si les équilibres,qu’Yves Guérin opérait jadis dans ses sculptures mêlant le métal et le granite,étaient maintenant contenus dans le métal seul. Cet équilibre étant,ainsi qu’on la vu,aussi bien dans la démarche que dans le résultat. Et c’est cet équilibre qui,au delà de l’indéniable réussite formelle que constitue chacun de ces “signes brûlés”,en fonde le sens et la valeur.

 

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